Pour
une approche militante de l'enseignement de la Laïcité,
une transcendance immanente |
Communication de
Chantal Forestal
Membre du bureau de l'OLPA |
Colloque « Dialogue des Cultures : les rapports ente le monde
francophone et le monde anglophone», Institut Français de Londres. (Mai 2011)
Le colloque organisé par le GERFLINT (Groupe d’Études et de
Recherches pour le Français Langue Internationale) et l’Université de
Southampton, s’est tenu les 12, 13, 14 mai 2011 à l’Institut Français de
Londres.
Le 12 mai, a lieu la réunion des rédacteurs en chefs des différentes équipes
scientifiques qui composent le GERFLINT. Chantal Forestal rappelle l’accord
de principe obtenu à Cracovie (cf. colloque du Gerflint en 2010), pour la
coordination et la diffusion d’un numéro spécial ayant pour thème la
laïcité. Très succinctement sont présentés quelques-unes des activités et
documents pédagogiques de l’OLPA qui doivent figurer dans le numéro
de « Synergies Monde ». L’approbation du projet est unanime.
Le 13 mai Chantal Forestal fait une communication, intitulée « Pour un
apprentissage militant de la laïcité », avec pour objectif de définir
et d’opposer la laïcité à la française à d’autres conceptions de la
laïcité en contexte européen et notamment anglo-saxon (résumé ci-joint).
L’objectif de cette communication est de rappeler une des carences du domaine
de la Didactique-Didactologie des langues-cultures : la dimension
idéologique et éthique. Or l’enseignement-apprentissage des langues-cultures
peut contribuer à mettre debout des consciences et des pensées en s’appropriant
ce que l’humanité a fait de mieux en matière de principes : la liberté
de pensée, la liberté de conscience. C’est dans cette perspective que
position est prise pour défendre inconditionnellement une certaine conception
rigoureuse de la laïcité, la laïcité dite « à la française »
(cf. Les travaux de Henri Pena-Ruiz) et d’opposer celle-ci à d’autres
conceptions de la laïcité, notamment en contexte européen, conceptions dite
« non sectaires » mais de fait « à géométrie
variable » (cf. la vision anglo-saxonne de Jocelyn Maclure et
Charles Taylor). Il est bon de souligner que ce débat concernant le principe de
laïcité rejoint celui des droits de l’homme : relativisme ou
universalisme. Il convient également de rappeler qu’en Didactique des langues
l’enjeu pédagogique c’est non seulement l’ouverture aux autres cultures
mais aussi la connaissance des principes de droit et des valeurs
imprescriptibles de la condition humaine. La relativité des cultures (un
principe de réalité) et les droits de l’homme (valeurs universelles), ne se
situent pas donc pas sur le même plan et la laïcité (à l’instar de la
démocratie) ne peut que défendre « un souci de l’universel ». C’est
en ce sens que le principe de laïcité devient un enjeu incontournable contre l’aliénation
et notamment pour l’émancipation des femmes. Ce dernier aspect n’est pas
secondaire lorsque l’on sait que le public auquel s’adresse notre domaine,
notamment l’enseignement et l’apprentissage du français langue étrangère,
est à plus de 80% un public féminin. L’intervention conclut par la
nécessité et d’assumer la dimension transculturelle de la compétence
culturelle et de se positionner pour une exigence laïque en Didactiques des
Langues-cultures.
A dessein cette première intervention a été suivie par celle de David
Ravet qui s’est efforcé d’illustrer la laïcité en s’appuyant sur
notre patrimoine littéraire : de Montaigne à Éric- Emmanuel Schmitt en
passant par les oeuvres de Diderot, Voltaire, Hugo, Eluard, rené Char. Ainsi à
travers l’analyse de l’objet littéraire et de son ancrage culturel fort
dans notre société, les professeurs peuvent développer les thématiques de
laïcité, démocratie, égalité, tolérance. Non seulement le patrimoine
littéraire devient un instrument argumentatif fort dans la classe, mais il est
également comparé à l’iconographie de l’art engagé comme les
illustrations et caricatures de journaux, les dessins de Victor Hugo ou plus
récemment les photos-reportages. Comme précédemment cela vaut aussi bien en
FLM (Français Langue Maternelle) en FLS (FrançaisLangue Seconde) qu’en FLE
(Français Langue Étrangère)
A la suite de ces interventions les participants, très intéressés, ont
posé des questions concernant les documents et activités pédagogiques de l’OLPA.
D’autres ont souhaité obtenir l’intégralité des textes qui ont servi de
base à l’intervention de Chantal Forestal (il n’était accordé que 30
minutes par intervenant). L’OLPA (cf. Michel Gillet) a permis la distribution
de 20 exemplaires concernant un premier fascicule de présentation de l’association
et un deuxième fascicule, comprenant l’article dans son intégralité, ainsi
qu’un résumé en français et en anglais. A la demande des participants le
responsable de l’organisation du colloque a fait procéder à un deuxième
tirage. Les actes du colloque paraîtront fin 2011.
Par ailleurs le 21 juin Chantal Forestal a rendez-vous au Ministère de l’Éducation
Nationale, la DREIC (Rue de Grenelle), pour obtenir le financement d’un
ouvrage unique où seraient publiés sous la double égide de l’OLPA et du
GERFLINT les documents et outils pédagogiques conçus par Robert Lazennec (750
pages). Cette publication serait à destination de l’ensemble des publics de l’Éducation
Nationale (primaire, secondaire et supérieur). Un travail conséquent est en
train d’être effectué pour améliorer la qualité de la présentation des
fiches pédagogiques (meilleure lisibilité, classement et numérotation plus
cohérents), ceci afin de favoriser au maximum toutes les chances de
négociations de l’OLPA vis-à-vis des différentes instances ministérielles.