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FICHES ET TEXTES DIVERS A L'USAGE DES ENSEIGNANTS
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LISTE DES TEXTES
HISTORIQUES
Recueillis par Robert Lazennec / OLPA
Abbé Grégoire, Motion de faveur des Juifs, 1789.
Abolition de l'Esclavage, Convention, février 1794.
Adolphe Thiers, Commission Falloux, extraits du discours,
1849.
Alain, suffrage des femmes.
Albert de Mun. Les rapports de l'Église et de l'État,
1901.
Augustin (Saint) 354/430, de la justification de la force.
Balzac, Puissance occulte de la congrégation, 1832.
Balzac, sac de l'archevêché, 1831.
Catéchisme espagnol, extraits, milieu du XXème siècle.
Chahdortt Djavann.
Charles Péguy, l'École, 16 fev. 1913
Conclusions de la mission parlementaire sur les signes religieux nov.2004.
Déclaration des droits de Virginie, 12 juin 1776
Droits canoniques, articles, 1917.
École Libératrice, la Commune.
Formation morale et religieuse de la jeune fille, 1914.
Guy Carcassonne, Liberté.
Jean Jaurès, aux Instituteurs et Institutrices, 15 jan.
1888.
Jean Jaurès, École et Objectivité, 1908.
Jean Zay, circulaires, 1936/1937.
John Locke (1632/1704) Lettres sur la Tolérance.
Jules Ferry, Oeuvres scolaires, discours: 6 juin
1889.
Jules Ferry, discours dit de la salle Molière, 10 avril
1870.
Jules Ferry, lettres aux instituteurs, circulaire du 17
nov. 1883.
Jules Ferry, Nécessité de l'Enseignement Primaire,
extraits, 20 décembre 1880.
Jules Simon, l'Instruction gratuite et obligatoire, ed.
1873.
Léon Gambetta, l'État doit être laïc, 1875.
Liberté civile, Chevalier de Jaucourt, 1766.
Liberté de penser, Chevalier de Jaucourt, 1766.
Liberté naturelle, Chevalier de Jaucourt, 1766.
Lockroy, inauguration du Lycée Molière, 1888.
Mirabeau, contre la déclaration d'une religion nationale, 14
janvier 1791.
Mixité (contre la), diocèses de Coutances, 1676.
Mixité scolaire, Michelle Perrot, 2004.
Montesquieu, de l'Éducation dans le gouvernement républicain,
1748.
Montesquieu, de l'Esclavage des Nègres, 1848.
Paul Bert, Curiosité de l'esprit, 6 août 1882.
Pie IX, extraits du Syllabus, 1864.
RP Labat, le travail des esclaves, 1694/1706.
Rousseau JJ, l'Éduction, 1764.
Spuller, inauguration du Lycée Racine, 1887.
Talleyrand Charles, l'Instruction base de la Liberté, 10 sept.
1791.
Traite des Nègres (Encyclopédie)
Turgot AR, seconde lettre sur la Tolérance, 1754.
Victor Duruy, statistiques de l'Instruction primaire, 1863.
Victor Hugo à Léon Richer, statuts de la Femme, 8 juin
1872.
Victor Schoelcher, Abolition de l'esclavage, 1848.
Voltaire, (1694/1778), de la Tolérance. |
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OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITÉ DU PAYS D’AIX
9
décembre 1905
9
décembre 2005
1905
- 2005
CENT ANS DE LAÏCITÉ
« La République
est UNE parce qu’elle est de TOUS »
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Aux lecteurs.
Ce dossier ne se veut pas polémique, il n'a pas non plus la
prétention d'être exhaustif… Il exprime la seule volonté d'apporter
un éclairage précis sur l'émergence et l'évolution d'une valeur
essentielle de notre société que rien ne permet aujourd'hui de
renvoyer " aux oubliettes de l'Histoire ".
A la veille de la célébration du centenaire de la loi du 9
décembre 1905 instaurant dans notre pays la séparation des Églises et
de l'État, l'Observatoire de la laïcité du pays d'Aix a souhaité
" faire le point " sur ce concept fondamental de laïcité,
tellement malmené, tellement galvaudé ces dernières années que
d'aucuns le déclarent " dépassé " et que d'autres
voudraient le réviser, le moderniser…
Nous pensons, nous, à contrario, que la laïcité est d'une
étonnante modernité !
Liée à l'émergence de la pensée rationnelle, c'est elle qui nous
permet de vivre ensemble, aujourd'hui, dans le respect mutuel de nos
convictions privées : la laïcité doit donc perdurer dans sa
spécificité, dans son intégrité.
Prenez donc connaissance, lecteurs, de ce dossier, approfondissez
librement la réflexion qu'il met en oeuvre ; aller ensuite aux tests
fondamentaux qui le sous-tendent, afin que la "substantifique
moelle" de la laïcité puisse encore nourrir le bon fonctionnement
des sociétés d'aujourd'hui et de demain.
Si des ajouts ou modifications vous semblaient nécessaires, ne
manquez pas de nous en avertir afin que ce document soit complet et
aussi fidèle que possible à la pensée des fondateurs de la laïcité
en France.
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| SOMMAIRE
CHAPITRE 1 - " Vous avez dit laïcité ? "
1.1 - La Laïcité c'est …ce n'est pas…
1.2 - Développement de trois cas concrets
1.3 - Vivre la laïcité : Qu'est-ce qu'un comportement laïque ?
(Pour un enseignant, un médecin, un scientifique).
CHAPITRE 2 - " La Loi de 1905"2.1 - Historique
2.2 - Extraits du texte
2.3 - Problématique et raisons d'exister de la Loi
CHAPITRE 3 - "La Laïcité aujourd'hui"3.1 - Liberté - Égalité
- Universalité
3.2 - Modernité de la Laïcité
3.3 - Limites actuelles, dangers et menaces.
CHAPITRE 4 - "Approche pédagogique de la
Laïcité"(Ensemble d'exercices et jeux de l'intelligence destinés
aux élèves)
4.1 - Recherche de vocabulaire : petit lexique à compléter
4.2 - Jeux de "mots"
4.3 - "La Laïcité illustrée"
4.4 - Commentaires de textes
CHAPITRE 5 - "Qu'est-ce que l'O.L.P.A ?"
5. 1 - Historique et objet
5.2 - Statuts
5.3 - Structure
5.4 - Actions menées
5.5 - Responsables
CHAPITRE 6 - "Annexes"
6.1 - Lexique
6.2 - Chronologie
6.3 - Bibliographie
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Vous avez dit :" Laïcité " ?
Petit mémento d'une réalité inconsciente.
Dossier I
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La laïcité C'est :
Dans la société civile :
- La prise en compte des naissances dans " le registre d'État-
civil " établi dans chaque commune, sous la responsabilité du
Maire, élu, représentant de l'État et officier d'État-civil.
- La célébration du mariage (ou la reconnaissance du PACS) devant
le même officier d'État- civil, seul acte reconnu, comme est reconnue
la liberté du choix de l'époux ou de l'épouse.
- La reconnaissance du divorce.
- Le droit à une sépulture décente au sein de l'espace communal
dévolu à cette fonction sous la responsabilité du premier magistrat
de la commune
Dans le domaine des sciences et de la médecine :
- La totale indépendance de la connaissance scientifique dans son
émergence et son libre développement, soumise seulement - pour ce qui
est de ses applications - aux lois de la société qui, seules, peuvent
permettre la maîtrise contrôlée du progrès,
- Le droit aux soins pour chaque individu quelles que soient ses
convictions philosophiques ou religieuses, quels que soient ses
penchants ; et la reconnaissance possible du droit de mourir dans la
dignité,
- La libre disposition de son corps par la femme, reconnue
individualité propre, notamment dans le choix (ou le non- choix) de la
procréation grâce à la pratique de moyens contraceptifs
différenciés.
Justice et service public :
- La mise en place d'un enseignement ouvert à tous, consacré au
savoir, à la mise en œuvre de l'esprit critique, à la pratique
fructueuse de la raison, indépendamment de toute intrusion dogmatique
ou commerciale.
- L'égalité de chacun, reconnu comme individu autonome, devant les
services de l'État, hors de tout privilège ou de toute discrimination
qui seraient liées à des convictions privées ou à une appartenance
communautaire.
- Une justice qui rend ses arrêts au nom du Peuple tout entier (et
seulement de lui) appliquant les lois promulguées par les élus du
peuple, les codes élaborés par les représentants du peuple.
Culture :
- L'extrême liberté de l'Art sous toutes ses formes,
loin de tout interdit de quelque nature que ce soit, condition
nécessaire au foisonnement de la création et à l'émergence des
formes nouvelles de l'expression artistique.
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….par exemple !
La laïcité Ce n'est pas :
Dans la société civile :
- L'antique registre paroissial (ou lié à une tout autre
confession) de recensement des naissances, par essence exclusif et
inquisitoire,
- Le lien matrimonial définitif et l'imposition éventuelle de
l'époux (ou de l'épouse) au nom d'une quelconque tradition, d'un
quelconque respect de dogme, du maintien d'une soi-disant pureté.
- L'opprobre jeté sur les dépouilles de ceux qui ne seraient pas
conformes à la morale religieuse établie et imposée.
- Une organisation étatique calquée sur une structure
confessionnelle ou idéologique
Dans le domaine des Sciences et de la Médecine :
- Les limites imposées aux " Lumières de la pensée " par
les idées pré-établies de quelconques révélations ou de livres
antiques destinés à tout dire.
- L'acharnement thérapeutique au nom " d'une vie donnée par
une entité supérieure ".
- L'obligation de procréation liée au mariage qui conduit aux
grossesses répétées, nonobstant la souffrance et l'altération de la
santé de la femme.
- L'opprobre jeté sur la sexualité, les mutilations sexuelles, le
refus de toute pratique contraceptive.
Justice et Service public :
- Un enseignement plombé par les références religieuses,
spirituelles ou autres, les pratiques rituelles et sectaires, les
prescriptions des cultes quels qu'ils soient.
- L'expression dans les services de l'État- nation de comportements
et de pratiques liés à une religion et/ou à une idéologie
officielle(s).
- Une justice rendue par référence à un droit coutumier ou
régalien, catholique, coranique, talmudique ou autre, ou pour favoriser
telle ou telle structure hiérarchique et/ou commerciale ou une
oligarchie autoproclamée.
Culture :
- La mise en œuvre de tabous, d'interdits de toutes sortes, de
formes de censure destinés à brider l'esprit humain dans toutes les
formes de son expression, à imposer un comportement officiel, à
canaliser de manière autoritaire le langage et la création artistique.
- L'avènement d'une pensée unique dans ses différents modes
d'expression.
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Du développement de
Quelques exemples concrets :
Dans un État laïque, une structure religieuse quelconque, parlant
au nom de ceux qu'elle regroupe, peut marquer son opposition à toute
forme de contraception active et l'exprimer par tout canal de
l'expression publique…
…mais par son obligation de légiférer dans l'intérêt du peuple
tout entier, dans son souci de voir la maîtrise de la procréation
épanouir la liberté sexuelle de chacun, garantir la santé de tous,
assurer à l'individu la libre disposition de son corps, le gouvernement
de l'État n'a pas à se plier à un quelconque veto de quelque
communauté religieuse ou non que ce soit.
Dans un État laïque toute structure religieuse ou idéologique,
parlant au nom de ceux qu'elle regroupe, peut avancer telle ou telle
théorie sur la création et le fonctionnement de l'Univers,
l'émergence de la vie sur terre, la place de l'Homme dans l'espace
infini, et elle peut le faire en utilisant les canaux habituels de
l'expression publique…
…mais, parce qu'il est conscient de la réalité et de l'évolution
du savoir, parce qu'il est attentif au niveau atteint (et toujours
dépassé) par la pensée scientifique, parce qu'il sait que la Raison
permet de discerner dans le réel ce qui est de ce qui n'est pas, le
gouvernement de l'État doit permettre à l'enseignement qu'il élabore
et dirige de donner à chacun les outils intellectuels qui assureront,
contre les chimères, les " révélations " et les
affirmations toutes faites, son cheminement, par ses propres
convictions, vers le vrai.
Dans un État laïque, toute structure religieuse, idéologique,
voire communautaire, parlant au nom de ceux qu'elle regroupe, peut
vouloir peser sur le devenir individuel d'un de ses membres en
l'obligeant à tel mariage, en l'enfermant dans telle coutume, en le
conditionnant par tel costume et revendiquer ainsi la prééminence de
la tradition de certains sur la loi de tous…
…mais, parce qu'il est le garant de l'individuation,
parce qu'il doit sauvegarder le libre arbitre de chacun, parce qu'il
sait qu'au-delà de toute pensée restrictive, de toute attitude
obligée, il y a l'Être, le gouvernement de l'État légifère en
tenant compte du principe d'universalité qui suppose le pouvoir de tous
sur chacun (que ce chacun soit " un " ou tout un ensemble),
essence de l'unité et de l'harmonie de la République.
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Vivre la laïcité :
Qu'est- ce qu'un comportement laïque pour
Un enseignant ?
L'enseignant laïque est celui qui, pénétré de la matière qu'il
enseigne, est à même de faire connaître à l'élève tout ce qui
concerne cette matière en tant qu'objet et en tant qu'outil, tout ce
qui est admis comme tout ce qui est en débat, éclairant tous les
aspects du débat éventuel, présentant toutes les réponses possibles
aux questions posées, les discutant à la seule lumière de la raison,
s'abstenant de choisir " la bonne réponse ", mais donnant les
moyens au jugement et à l'esprit critique de s'exprimer de la façon la
plus impartiale possible.
L'enseignant laïque, c'est aussi celui qui participe de la
neutralité de la classe, qui s'abstient de toute manifestation visible
(ou implicite) d'une idéologie, d'une foi, d'une conception
philosophique. C'est celui qui apprend à apprendre, qui fait comprendre
l'intelligible, qui transmet le plaisir de savoir, qui propose les
moyens d'un libre épanouissement de l'esprit. C'est celui qui ne fait
pas entrer dans la classe ses inquiétudes sociales, politiques,
personnelles, de quelque nature qu'elles soient, et qui adopte
l'attitude de reconnaissance et de respect de l'autre qu'impose la
transmission du savoir et l'exercice de la raison ;
Un médecin ?
Dans l'exercice de sa fonction, le médecin se doit de considérer le
malade dans son identité propre et par rapport au mal dont il souffre.
Soigner et guérir- surtout à un moment où la société, dans son
ensemble, demande une médecine scientifique basée sur des preuves avec
un risque thérapeutique voisin de zéro, où le moindre défaut est
reproché voire dénoncé- imposent au médecin une pratique hors de
toutes les contraintes religieuses et/ ou sectaires, hors de tous les
interdits pouvant aliéner le diagnostic et la réussite des soins, hors
de toutes les pressions nées de rentabilité et de commercialisation
qui polluent l'ordre social.
En ce sens, le médecin a, lui aussi, une pratique laïque, par le
respect de l'individualité du patient et l'exercice respectueux de son
Art ;
Un scientifique ?
Tout exprimer, tout analyser, tenter de tout comprendre, s'abstraire
des dogmes, des opinions toutes faites, des croyances, des
superstitions, des habitudes…
Là est l'assise laïque du comportement libre et responsable du
scientifique. Le champ de la connaissance est infini et le scientifique
se doit de le parcourir librement, entièrement, soigneusement, armé de
son intelligence, de la lanterne de la Raison, des outils de sa
discipline propres à sa civilisation. Il s'en remettra ensuite à la
loi civile (à la loi du " laos "), à l'élaboration de
laquelle il participera en tant que citoyen, pour canaliser les mises en
application de ses découvertes, en contrôler les dérives
éventuelles, pour permettre l'osmose du progrès scientifique et de
l'intérêt général, pour que le progrès scientifique participe au
bien de tous.
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